Pour un amour d’Ange (1): dialogue de sourds

ange

PROLOGUE :

Les blessures du cœur sont toujours celles qui ne peuvent guérir, mais on essaye toujours après les avoir eu de faire semblant, faire comme si rien ne c’était passé, on a même plus de larmes pour apaiser ces blessures. Nous sommes, tous des anges déchus par l’amour. Voici quelques histoires de quelques uns de ses anges. Ils sont comme vous et moi sauf qu’ils ressentent le monde différemment. Leurs cœurs ne battent que pour les autres, généreux, ils ne peuvent qu’offrir ce qu’ils ont de mieux aux gens, même s’ils ne font que croiser leurs routes. Certains les taxent de naïfs de Croire, tout simplement CROIRE. Ces anges sont souvent incompris du commun des mortels, ils sont différents non pas par choix mais par fatalité. Ils ne se sentent nullement supérieurs mais ils ne peuvent que se distinguer, c’est leur destinée.

DIALOGUE DE SOURDS

ANGE : Il n’est pas facile de dire certaines choses, aux personnes auxquelles on a envie de les dire. Comment dire à l’Autre, qu’il se pourrait que notre cœur, tel un marin, ait répondu à l’appel de sa mer. Comment dire à l’Autre que si ses mains tremblent en sa présence, c’est parce qu’elles frissonnent par son seul être au près d’elles. Comment dire à l’Autre que si ses yeux évitent les siens ce n’est pas par timidité mais parce qu’ils ont peur de se plonger corps et âmes dans les dédales de son regard. Comment dire à l’Autre que si son souffle cesse d’être à ces côtés, c’est parce qu’une seule senteur de lui peut enivrer ses sens. Comment dire l’interdit, comment dire son addiction.

De loin, Alexander avance à petits pas vers celle qui est devenue sa nouvelle amie, sans se douter de ce qu’elle pourrait éprouver pour lui.

ALEXANDER : Je lis de la tristesse dans les traits de cet Ange, mais je ne pourrais expliquer sa raison, son sourire m’a rendu le mien, à des moments. Son humour, d’ailleurs, est un très bon camarade. Sa compagnie, quant à elle, est un délice. En un mot elle est adorable, elle est à croquer. Dés que je l’ai rencontré j’ai su qu’elle était spéciale, qu’elle n’était pas comme les autres… lorsque je la regarde, je m’apaise car sa seule présence me permet d’oublier mes soucis. C’est une très bonne amie, comme on en trouve peu, de nos jours. Je n’ai pas envie de la perdre… Comment lui rendre le sourire ?

De son coté, elle continue de chercher un moyen pour le dire, pour lui dire…

ANGE : Passer sa vie à courir derrière un idéal, derrière le savoir est une noble tâche mais on risque de s’y perdre en cours de route, ou tout simplement d’oublier de vivre, ensuite, se désocialiser. En cours de ce parcours on peut oublier même qu’on a un cœur et comme n’importe quel être vivant, il a besoin d’être nourrit. Jusqu’au jour où les demandes de celui-ci sont de plus en plus régulières, jusqu’au jour où l’on n’arrive plus à faire taire sa faim, jusqu’au jour où l’on a peur d’avoir le cœur brisé parce qu’on oserait dire son addiction, jusqu’au jour où l’on tombe amoureux. Le jour où notre cœur décide de se nourrir des battements que produit le cœur de l’Autre. Si seulement on pouvait dire… juste dire.

Alexander décide d’interroger son amie sur le pourquoi de sa peine.

ALEXANDER : Que puis-je faire ? Que se passe-t-il ?  Ange serait-il possible d’essayer d’apaiser le chagrin qui semble tourmenter son esprit. Elle sait si bien me rendre le sourire, puis-je lui rendre le sien ?

ANGE : Vous est-il arrivé d’avoir l’impression d’être dans une immense pièce, entourés de milliers de gens, ils vous regardent tous, certes, car ils font partie de votre vie, soudain, vous prend l’envie de crier, vous le faites mais à votre grande surprise, personne ne vous entend. On s’époumone, personne n’entend. A ce moment, vous vous rendez compte que… vous êtes seul… seul.

ALEXANDER : A quoi est due sa solitude ? On ne se connaît pas autant qu’on l’aurait voulu, mais moi, soudain, l’envie me prend, non pas de crier mais d’essayer d’entendre son cri. Peut être devrait elle juste me parler ?

ANGE : Les années passent, le temps se casse, autour. La solitude est réelle. Surtout en ces jours où l’on doit célébrer l’amour.

ALEXANDER : (Rire)… célébrer l’amour.

ANGE : on se sent encore plus seul. Surtout quand on n’a personne avec qui partager ces moments, peu importe, qu’ils ne soient pas éternels.

ALEXANDER : Serait-il, alors, possible qu’une personne puisse lui rendre le sourire, une personne dans son entourage, peut être, qui pourrait avoir l’opportunité de partager ces moments avec elle ?

ANGE : peut être ?

ALEXANDER : Le sait-il ?

ANGE : Non.

ALEXANDER : qu’attend t elle pour le lui dire, elle pourrait l’inviter, lui parler directement et non pas utiliser ses artifices qui servent à envoyer des messages, qui voilent l’humanité de ses actes. Il n’y a pas mieux que la franchise. Regarder la personne droit dans les yeux et lui dire, tout simplement dire.

ANGE : Croit-il que se soit possible ? Lui dire ?

ALEXANDER : Oui !

ANGE : Non, il serait impossible de…

ALEXANDER : Hésiter ! Pourquoi donc ? Et tout ces beaux discours, cette volonté d’être femme avant tout, de dire, simplement se dire sans artifices ni peur au ventre, foncer, serait-ce un leurre qui cacherait sa véritable nature. Timide. Et toute cette force dont elle semblait jouir, envolée parce qu’elle n’oserait pas…

ANGE : Il ne s’agit pas d’oser mais de peur de perdre l’Autre, qu’il s’enfuit. Parce qu’on oserait dire « tu me plais ». De dire que nos yeux ne le perçoivent plus comme un ami mais comme un élu. De dire qu’être entre ses robustes bras rendrait la joie à un condamné à mort, car vivre sans lui c’est condamner son âme à mort. De dire que sentir son souffle frôler quelques instants de ma vie c’est le temps, lui-même, qui arrête sa course pour immortaliser cet instant. Lui dire que sentir, ne serait-ce que quelques secondes, sa peau contre la mienne c’est comme si l’univers tout entier n’avait été créé que pour nous laisser vivre ce moment.

ALEXANDER : Tant de poésie, en voilà mille raisons de plus de le lui dire.

ANGE : Non. Je ne crois pas… je ne sais pas…

ALEXANDER : Il faut qu’elle le lui dise, si j’étais à la place de cet homme, j’aimerais savoir. Qu’elle me regarde dans les yeux.

ANGE : Te regarder dans les yeux.

ALEXANDER : Qu’elle me le dise.

ANGE : Que Je te dise.

ALEXANDER : Qu’elle me dise que je lui plais.

ANGE : Et si…

ALEXANDER : Il n’y a pas de si… Ange doit le lui dire.

To be continued…

Djihane S.

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