Mille regrets

9782207124284 (1)Je tiens à remercier les Éditions Denoël pour cette agréable lecture.

Editeur : Editions Denoël

Date de parution : 28/02/15

Nombre de pages : 304 pages

Résumé de l’éditeur

Mille regrets : une femme réfugiée à Nice pendant la guerre glissedans la misère, les privations et, pour finir, la mort. Henri Castellat, c’est le portrait d’un homme lâche : en amour, enpolitique, en tout. Le destin personnel raconte un drame, à la campagne, sous l’Occupation, un drame qui démasque la fausse apparence du bonheur. La belle épicière, mariée à un homme-serpent, va se perdre dans les amours de quartier, puis tomber dans la prostitution et trouver une mort tragique. Ces quatre nouvelles peignent le monde d’avant-guerre, de la guerre et des débuts de l’Occupation. Elles en restituent miraculeusement le climat social et sentimental, tout ce qui fait l’air du temps.”

Avis

Il ne m’est pas possible de parler de ce recueil de nouvelles sans parler, d’abord, de son auteure : Elsa Triolet (1996-1970), compagne de Louis Aragon mais pas que. Elle a une production littéraire assez conséquente et surtout de qualité. Femme forte et engagée elle a participé activement à la seconde guerre mondiale.

Elsa Triolet nous offre avec Milles regrets un recueil de vies ordinaires qui se transforment en extraordinaire à travers sa plume. De ce fait, le premier élément que j’ai le plus apprécié, vous vous en doutez, est son écriture.

Un style d’écriture recherché mais accessible à tous, telle est la beauté de son écriture, elle ne voile pas ses idées d’élitisme. Elle se contente de laisser l’histoire se raconter d’elle-même, elle nous pousse à aimer ou à détester un personnage, à nous impliquer émotionnellement.

Quatre nouvelles composent donc le recueil et qui mettent en scène trois femmes, dont une, la deuxième, met en scène un homme. Ce qui m’a le plus frappée dans les portraits qu’elle dresse c’est la profonde tristesse de ses personnages, j’avais l’impression que tous portaient le poids du monde sur leurs épaules. Une noirceur quasi tragique rodait d’une nouvelle à une autre qui m’a profondément touchée.

La première nouvelle, Mille regrets, ma préférée d’ailleurs, l’histoire se passe en temps de guerre. J’ai trouvé bien curieux que le personnage n’ait pas de nom, une femme qui voit son monde s’écouler en apprenant que son amant était mort, sans personne à qui demander d’accréditer cette mort, elle aire comme un fantôme, jusqu’à presque en avoir l’aspect par manque de nourriture, en zone libre Nice. Elsa Triolet dépeint si bien la solitude et la nostalgie que c’est d’une beauté à vous couper le souffle.

Dans la seconde nouvelle, Henri Castellat, j’ai trouvé le personnage détestable, la lâcheté n’est pas un défaut que j’affectionne. L’histoire se passe avant le début de la guerre et dépeint un homme allergique à toute responsabilité, écrivain qui n’arrive plus à écrire et dont la mère essaye de marier, j’ai bien aimé le personnage de la maman qui apporte de l’humour au texte.

Troisième nouvelle, Le destin personnel, la pauvre Charlotte, mariée à un homme qu’elle n’aime pas se retrouve obligée d’accueillir sa très envahissante famille chez elle à cause de la guerre. Elle s’use à la tâche mais trouve une échappatoire grâce à une invitation d’amis et les rejoint à la campagne, dans un décor de rêve, qui sait ce qu’elle pourra y trouver.

Quatrième et dernière nouvelle, La belle épicière, Madame Louise nous invite dans son épicerie, une dame d’une simplicité ! Aimée de tous mais elle a eu la malchance de faire un mauvais mariage. Un personnage attachant qu’on découvre et qui se découvre dans la nouvelle… mais que va-t-elle découvrir ?

Elsa Triolet aux doigts de fée nous dépeint l’âme humaine et ses circonvolutions, comme ne pas aimer un tel texte ? La tragédie y côtoie la nostalgie, la tristesse, l’amour et bien plus encore. Mille regrets, un recueil à découvrir pour les amoureux des lettres.

Un dernier mot, j’ai beaucoup aimé la très belle préface de Macha Méril qui parle avec beaucoup d’émotions d’Elsa Triolet.

Citations

« Le vrai rêveur est celui qui rêve l’impossible. On ne peut que rêver à sa jeunesse, puisqu’elle est sans retour. La vie n’est plus qu’une longue insomnie, et je ne sais plus que rêver, plus penser en arrière… » P25.

« Autrefois, quand je ne pouvais pas dormir, je m’inventais des histoires. Je n’ai plus besoin d’inventer, je n’ai qu’à me souvenir. Tout mon passé n’est qu’une histoire décousue, irréfléchie et merveilleuse. » P44.

Djihane S.

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Une réflexion sur “Mille regrets

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