The hate U give : La haine qu’on donne

Je tiens à remercier les Editions Nathan pour cette lecture.

Titre: The hate u give
Auteur:  
Angie Thomas
Éditeur: 
Nathan
Traductrice: 
Nathalie Bru
Parution : 
05/04/2018
Catégorie: 
Young adult
Nombre de pages: 
488

Résumé

Starr a seize ans, elle est noire et vit dans un quartier difficile, rythmé par les guerres entre gangs, la drogue et les descentes de police. Tous les jours, elle rejoint son lycée blanc situé dans une banlieue chic ; tous les jours, elle fait le grand écart entre ses deux vies, ses deux mondes. Mais tout vole en éclats le soir où son ami d’enfance Khalil est tué. Sous ses yeux, de trois balles dans le dos. Par un policier trop nerveux. Starr est la seule témoin. Et tandis que son quartier s’embrase, tandis que la police cherche à enterrer l’affaire, tandis que les gangs font pression sur elle pour qu’elle se taise, Starr va apprendre à surmonter son deuil et sa colère ; et à redresser la tête.

Avis

Starr pourrait être une adolescente comme les autres mais sa couleur de sa peau et le fait qu’elle habite dans un quartier chaud, met sa vie en danger. Lors d’une soirée qui a mal tournée, elle s’enfuit avec Khalil, un ami d’enfance, qui voulait juste la raccompagner chez elle. Le jeune homme ne rentrera pas chez lui, il se fera tué, sous les yeux ébahis de Starr par un policier trop nerveux. Un policier qui considère les noirs comme un danger…

A partir de cet incident la jeune adolescente de 16 ans va passer par plusieurs étapes cruciales dans sa vie. C’est d’abord la peur qui la gouvernera, ensuite la colère et finalement, une profonde envie de justice. Lire The hate you give, c’est ressentir tous ces sentiments en même temps. Un texte fort, poignant et engagé. Angie Thomas ne prend pas de gants pour nous parler d’une vile réalité, le racisme envers les noirs aux États-Unis.

Je vous avoue que certaines scènes m’ont profondément touchées, j’étais en colère et triste à la fois. Je savais déjà que des noirs américains se faisaient assassiner injustement par des policiers mais le lire c’est une autre expérience. Le pire, c’est le sentiment d’injustice que l’on ressent quand ce crime reste impuni. Je ne comprends d’ailleurs pas comment un pays aussi puissant que les États-Unis ferme les yeux sur une telle bavure policière. Je ne comprends pas que l’on puisse considérer une vie humaine moins importante qu’une autre, juger une personne à cause de la couleur de sa peau.

J’ai adoré le personnage de Starr, elle est intelligente et a une forte personnalité. J’ai été très touchée par le fait qu’elle essaye de s’intégrer dans son lycée blanc qui se trouve dans une banlieue chic. Il fallait que son comportement soit irréprochable pour ne pas donner raison à tous ceux qui disaient que les habitants de son quartier sont violents, trafiquants de drogue ou font partie d’un gang. Elle devait mener des combats sur plusieurs fronts, elle devait être la fille noire qui doit être l’exception mais aussi, contenir la colère qu’elle ressentait pour l’assassinat de Khalil. Faut-il agir ou se taire, telle est la question que se posait Starr.

J’ai adoré ce roman qui m’a touchée en plein cœur. Le racisme est un fléau qui gangrène les cœurs et incite à la haine. Angie Thomas a su, dans THUG, démontrer comment une idée reçue sur un peuple peut coûter la vie à un homme. Le racisme peut être conscient ou inconscient: l’une des copines blanches de Starr fait des réflexions racistes et elle fait passer ça pour de l’humour, sans se soucier ou se douter que ses propos peuvent blesser. On ne peut pas rire de tout, vivre ensemble ce n’est pas simplement accepter l’autre, en apparence, mais c’est surtout respecter sa différence. L’auteure souligne ainsi l’hypocrisie ambiante de la société américaine et que l’on peut hélas appliquer à toutes les sociétés.

La force de ce roman réside surtout dans le fait que son message est universel, le racisme est une réalité que beaucoup vivent au quotidien. Tout cela parce que beaucoup ne regardent pas au-delà des stéréotypes qu’ils peuvent avoir sur une couleur de peau, une religion ou un peuple. Avec The hate you give Angie Thomas donne une voix à une jeune adolescente pour démontrer comment un stéréotype peut tuer. Un texte fort, engagé et poignant!

Citations

« Quand les Khalil se font serrer parce qu’ils fourguent, soit ils passent la plus grande partie de leur vie en prison, une autre industrie qui brasse des milliards, soit ils galèrent pour trouver un vrai boulot et, du coup, ils vont probablement se remettre à fourguer. C’est ça la haine qu’ils nous donnent, bébé, un système conçu pour nous écraser. La Thug life, c’est ça. »

« Un jour, papa m’a raconté que tous les hommes noirs portaient en eux la colère de leurs ancêtres. Une colère datant du jour où ils n’avaient pas pu empêcher les esclavagistes se s’en prendre à leur famille. Il m’avait aussi dit qu’il n’y avait rien de plus dangereux que cette colère quand elle explose. »

Djihane S.

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6 réflexions sur “The hate U give : La haine qu’on donne

  1. Bon, il sort demain, mais si j’invoque les étoiles et tous les astres réels et imaginaires, je peux tenter un détour chez mon libraire ce soir… Bon sinon, ce sera pour demain, mais j’y crois quand même. 🙂

    Merci pour cette chronique qui donne très envie (je n’entends que du bien de ce livre) ! 🙂

    Aimé par 1 personne

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