Je ne suis pas un gay de fiction

Je remercie les éditions Akata pour cette lecture.

Titre: Je ne suis pas un gay de fiction
Auteur:
Naoto Asahara
Traducteur: 
Éditeur: Akata
Collection: young novel
Nombre de pages: 350
Catégorie: 
roman japonais
Parution :
24/10/2019

Résumé

Jun est lycéen, et il est gay. Bien que vivant caché, il sait parfaitement qui il est. Fan de Freddie Mercury, il fréquente un homme plus âgé que lui… et marié ! Son seul véritable confident, Mister Farenheit, est une connaissance d’internet avec qui il discute via les réseaux sociaux. Mais quand un matin, au détour d’une librairie, il croise Miura, une de ses camarades de classe, en train d’acheter un manga homo-érotique, son quotidien va petit à petit s’effriter. Car cette dernière, fan de « tout ce qui est homo », ne voit pas l’évidence devant elle. Petit à petit, la lycéenne va tomber amoureuse de Jun… Ce dernier, prêt à tout pour entrer dans le moule et obtenir un bonheur « comme les autres », va essayer de répondre à cet amour. Combien de temps pourra-t-il entretenir ce mensonge ?

Avis

Jun n’a jamais osé parler de son homosexualité à son entourage. Il sait que dans son pays, le Japon, les relations homosexuelles peuvent être fantasmées: comme par exemple dans les BL (boys love) mais dans la réalité, les gens n’ont pas envie de côtoyer des gays. Entre sa relation secrète avec un homme marié, son amitié naissante avec Miuara, une camarade fujoshi (fan de BL), ses confidences en ligne à Mister Farenheit et la société, Jun va nous embraquer dans son quotidien avec en bande son, les chansons de Queen dont il est fan.

« J’ai choisi de porter un masque parce que je n’ai ni le courage de révéler celui que je suis à mon entourage, ni assez confiance en mon entourage pour être sûr qu’ils le prendraient bien. »

Cette lecture a été une véritable claque pour moi, un gros coup de cœur que je recommande à un public averti. L’auteur ne prend pas de gants pour nous parler de l’homophobie au Japon. Je vous avertis, il faudra mettre tous vos préjugés de côté pour lire ce livre. Pour ma part, je n’ai pas été choquée par les orientations sexuelles de certains personnages, notamment le petit ami de Jun qui sort avec lui pour assouvir ses désirs incestueux sur son fils. Désirs qui restent à ce stade car il ne passe pas à l’acte sur son fils et essaye de se focaliser sur un autre partenaire. Et ce n’est pas parce que c’est tabou qu’on ne peut pas en parler. Combien de romances hétérosexuelles mettent en scène bien pire mais cela ne choque pas tant que cela car ce sont des relations que la société juge « normales »?

Ce qui m’a donc choquée c’est plutôt à quel point les homosexuels sont rejetés au Japon et que s’ils veulent avoir une famille, ils doivent se cacher derrière un mariage factice pour avoir des enfants. Et bien d’autres éléments…

De ce fait, ne nous effarouchons pas par deux ou trois passages pas si crus que ça finalement: jugez cette oeuvre à travers le message qu’elle veut nous faire passer et ne laissons pas les préjugés sociaux embrigader nos cerveaux et notre ouverture d’esprit. Lire Je ne suis pas un gay de fiction m’a fait passer par un arc-en-ciel émotionnel: l’histoire de Jun m’a touchée en plein cœur. Ses interrogations m’ont émue, pourquoi les homosexuelles sont-ils rejetés? Si être gay est contre-nature pourquoi les gays existe-t-ils ? Pourquoi suscitent-t-ils autant de haine?

« Pourquoi penses-tu qu’on est venu au monde ? Si tout être vivant est capable de se reproduire, et existe pour laisser derrière lui une descendance, alors pourquoi des êtres comme nous sont-ils créés avec cette orientation sexuelle ? Si nous n’étions pas nécessaires, nous aurions dû en théorie disparaître, selon le principe de la sélection naturelle. Pourtant, nous subsistons sur terre. »

En essayant de répondre à ces questions Jun donne un véritable coup de poing aux préjugés autour des homosexuels. J’ai trouvé que Naoto Asahara avait une plume incisive, d’un réalisme saisissant, il ne fait pas qu’exposer des faits mais nous les fait vivre de la manière la plus percutante possible. J’ai beaucoup pleuré car j’ai ressenti la haine que Jun prenait en pleine face et j’ai ressenti sa tristesse, son désarroi. Un autre personnage m’a fait ressentir cela aussi, c’est M. Farenheit, le correspondant de notre héros qui vit, lui aussi, des moments durs.

Mention très spéciale pour le parallèle fait avec la vie de Freddie Mercury, le chanteur de Queen. Chaque partie a pour titre une chanson du groupe et étant moi-même fan, j’écoutais leurs albums en lisant le livre.

Je ne suis pas un gay de fiction est un roman coup de poing, bouleversant, si l’on prend le temps de dépasser ses préjugés. C’est franchement une oeuvre qui mérite d’être mise en avant. Je la recommande à un public plutôt averti. Naoto Asahara ne prend pas de gants pour nous parler de l’homophobie au Japon mais je pense que cela peut être appliqué à n’importe quel pays parce que nos sociétés sont encore loin d’avoir accepté que beaucoup ne rentrent pas dans leur moule. Un gros coup de cœur donc pour des personnages émouvants, pour un texte profondément humain et bienveillant.

Djihane S.

4 réflexions sur “Je ne suis pas un gay de fiction

  1. J’hésitais après avoir appris la licence de ce titre mais ta chronique me donne très envie de le lire justement parce que ça m’intéresse de découvrir la réalité de la vie d’un homosexuel au Japon, du moins la vision qu’on nous en propose ici ^^
    Merci !

    Aimé par 1 personne

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